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détail de la gravure en taille douce du frontispice de l'ouvrage "Gazophylace de la langue françoise et flamende", 1656.

QUELQUES NOTIONS THÉORIQUES

 

Plusieurs raisons font que la conservation/ restauration de livres est une branche particulière de la conservation/ restauration d’œuvres d’art. Parce que le livre accompagne notre civilisation depuis longtemps et qu’il est fort chargé culturellement; parce qu’il a une fonction et doit donc fonctionner; parce qu’il a une visibilité moindre que d’autres formes d’art « majeures ».

Malgré des prémices particulièrement précoces (la première conférence internationale sur le sujet a eu lieu en 1898), cette discipline est actuellement relativement peu développée et peu connue. Néanmoins, les grands concepts fondamentaux de la conservation/ restauration d’œuvres d’art s’y appliquent. Les voici brièvement expliqués.

La conservation poursuit comme but général de limiter les dégradations. On distingue la conservation préventive et la conservation curative. La première vise à agir sur l’environnement des œuvres, de façon à limiter au maximum les dégradations qu’elles pourraient subir. En effet, le vieillissement des œuvres est inévitable et celles-ci se dégradent inexorablement avec le temps. Mais la vitesse de ce processus de vieillissement peut être plus ou moins importante en fonction par exemple de la lumière ou de la température. La conservation curative consiste quant à elle à interrompre et neutraliser un processus de dégradation déjà à l’œuvre. Un exemple caractéristique est celui de la contamination fongique: il faut avant toute chose détruire les micro-organismes à l’origine des dégradations avant d’envisager tout traitement.

La restauration, elle, vise à reconstituer dans une certaine mesure des parties choisies de l’œuvre de façon à ce que celle-ci puisse à nouveau remplir sa fonction: communiquer une image dans le cas d’un tableau, s’ouvrir et s’articuler pour exposer son contenu dans le cas d’un livre.

La restauration de livres est distincte de la reliure à laquelle elle est néanmoins étroitement liée. En effet, en restauration une certaine créativité est certes nécessaire pour déterminer quel traitement réaliser. Mais il ne s’agit à aucun moment de création à proprement parler et la personnalité du restaurateur doit dans l’idéal rester la plus discrète possible.

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