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"Bible de Lobbes", 1084, détail de l'initiale du Livre des Rois, fol. 159: elle représente l'ascension du prophète Élie, enlevé par un tourbillon sous les yeux de son disciple Élisée.

RÉSUMÉ

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« L’ILLUSTRATION DE LA BIBLE DE LOBBES. MISE EN CONTEXTE ET APPORTS NOUVEAUX. »

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Accéder au mémoire

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Pour parcourir ce manuscrit dans son intégralitécliquez ici.

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J’ai adopté dans ce mémoire une structure fréquemment utilisée en archéologie. En effet, il comporte deux parties distinctes : la première est constituée d’informations objectives récoltées dans la bibliographie ou liées à l’examen du manuscrit de la Bible de Lobbes ; la seconde est consacrée à l’interprétation de ces données.

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Première partie : description objective

Cette partie présente en premier lieu une synthèse dans laquelle j’ai voulu rassembler les éléments nécessaires à la compréhension approfondie du codex. J’y ai ainsi examiné le contexte historique de la création de la Bible de Lobbes et ce, à plusieurs échelles: continentale (la Querelle des Investitures), diocésaine puis pour finir à l’échelle de l’abbaye de Lobbes. Certes l’angle de vue adopté est très large. Mais c’est dû au fait que la Bible de Lobbes -et surtout son colophon, que j’ai déjà mentionné- est un document fondamental pour comprendre l’histoire politique de l’abbaye à la fin du onzième siècle. Or la lecture qui en était traditionnellement faite a été contestée lors de la Journée d’étude « Autour de la Bible de Lobbes » et l’illustration du codex est susceptible de contribuer à résoudre ce problème.

Après l’histoire politique et religieuse, j’ai mis d’autres disciplines à contribution pour fournir une description complète du manuscrit -et des personnes liées à sa fabrication: biographie, codicologie, histoire du manuscrit, étude textuelle, étude lexicographique etc.

Ensuite la synthèse fait place à un examen scrupuleux et méthodique des illustrations de la Biblia Sacra et à des conclusions originales et personnelles. La suite du mémoire est exclusivement consacrée aux illustrations du manuscrit. J’ai comparé celles-ci avec les productions avoisinantes et contemporaines dans le but de déterminer le vocabulaire figuratif utilisé dans la Bible lobbaine (lignes, ornements, visages). L’aspect technique du processus de dessin (étapes, encres) a fait l’objet d’une attention particulière: l’étude n’en avait jamais été entreprise auparavant et elle pouvait se révéler déterminante à plusieurs niveaux. Elle a en effet conduit à exclure une miniature du corpus extrêmement cohérent que forme l’ensemble des autres initiales de la Bible de Lobbes.

Bible de Lobbes fol. 29r Exode   L’initiale de l’Exode présente des caractéristiques fondamentalement différentes de celles des autres miniatures

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Seconde partie : interprétation

Dans cette seconde partie, ma démarche m’a amenée à traiter deux points en particulier ; tous deux sont en réalité liés à l’implication de Goderan dans la création de la Biblia Sacra. J’ai tout d’abord réparti artificiellement les différentes tâches que suppose la fabrication de ce manuscrit entre trois personnes  » virtuelles « : le scribe, le concepteur du programme iconographique ainsi que de la mise en page et enfin le peintre. J’ai dégagé dans le travail de chacun de ces trois individus « théoriques » une série de caractéristiques peu courantes : la tendance à accorder au texte une primauté absolue sur l’image, une constance radicale une fois qu’une décision est prise, la manie de faire varier un même paramètre pour obtenir un large éventail de solutions, un non-conformisme manifeste. J’ai constaté qu’on retrouvait ces traits d’une personne  » virtuelle » à l’autre et j’ai conclu que ça tendait à indiquer que ces trois personnes n’en sont qu’une seule -à savoir Goderan.

J’ai ensuite cherché à intégrer la Bible de Lobbes à la production régionale de l’époque. Les premiers manuscrits auxquels il fallait la comparer étaient les deux autres ouvrages eux aussi signés de la main de Goderan -la comparaison est restée sommaire. L’analyse des Antiquitates Judaicae (conservées à la Bibliothèque Royale de Bruxelles) m’a néanmoins permis de rapprocher la contribution de l’un des deux enlumineurs à l’œuvre dans ce manuscrit avec les illustrations d’un autre manuscrit d’origine et de date incertaines. Mon propos s’est enfin quelque peu détourné de Goderan pour replacer la Biblia Sacra dans un contexte plus large et établir les affinités stylistiques qu’elle entretient avec la production d’abbayes voisines.

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